Le prix Steacie

 

Menu

Accueil

Histoire du prix

Application

Comité de selection

Récipiendaires

Contacts

English

 

Histoire du prix Steacie

Le prix Steacie a été institué à la mémoire du physico-chimiste canadien Edgar William Richard Steacie, qui a été pendant longtemps président du Conseil national de recherches du Canada. Ce prix est financé par la Fondation E.W.R. Steacie, créée en 1963 grâce aux contributions de centaines d’amis, d’associés et d’anciens collègues du Dr Steacie.

En tant que président du Conseil national de recherches du Canada, le Dr Steacie a fait tout en sa mesure pour encourager les jeunes scientifiques, à qui il accordait un vif intérêt, en créant un milieu propice à l’exécution de leurs recherches. C’est pourquoi le prix Steacie est aujourd’hui décerné à un ou une jeune scientifique (de 40 ans ou moins) ayant contribué largement à la recherche au Canada. L’âge moyen des récipiendaires du Prix Steacie est de 38 ans.


E.W.R. Steacie (1900-1962)
L’homme et son idéal

À sa mort en août 1962, le Dr Steacie était reconnu comme le chef de file des scientifiques au Canada, distinction qu’il devait non seulement à sa fonction de président du Conseil national de recherches, mais aussi à ses talents exceptionnels de chercheur, à son sens infaillible des valeurs et à sa forte personnalité. De fait, son habileté innée le rendait parfaite-ment apte à sa fonction officielle, si bien que les vastes responsabilités du Conseil semblaient taillées à sa mesure. Quoique sa réputation et son influence aient largement débordé nos frontières, c’est surtout pour le dynamisme qu’il a insufflé à la communauté scientifique canadienne qu’il mérite notre reconnaissance.

Le Dr Steacie est né le jour de Noël 1900, à Montréal. Il y a fait ses études primaires puis est entré au Collège militaire royal de Kingston. Après un stage d’un an dans cet établis-sement, il s’est inscrit en génie chimique à l’Université McGill il a obtenu son B.Sc. en 1923. Il a ensuite poursuivi des études supérieures en chimie physique. Sous la direction du Pr Otto Maass, il a vite développé une passion pour la recherche fondamentale. Il a obtenu son Ph.D. en 1926 et est alors devenu chargé de cours, toujours à l’Université McGill.

C’est à cette époque que le Dr Steacie a commencé à s’intéresser à la cinétique chimique, discipline à laquelle il a consacré toute sa carrière de chercheur. Sauf pour un congé sabbatique d’un an (1934-1935) passé dans le laboratoire du Pr K.F. Bonnhoeffer, à Francfort, puis dans celui du Pr A.J. Allmand, au King’s College de Londres, le Dr Steacie est demeuré à l’Université McGill comme professeur agrégé de chimie jusqu’en 1939, année il est passé à la direction de la Division de chimie du Conseil national de recherches, à Ottawa.

Pendant la dernière grande-guerre, en plus de s’acquitter de ses fonctions de directeur au Conseil national de recherches, le Dr Steacie a été le bras droit de Sir John Cockcroft, responsable du projet d’Énergie atomique anglo-canadien à Montréal. Après la guerre, il a repris activement ses recherches et a rapidement fait de son laboratoire l’un des principaux centres de recherches sur la cinétique chimique. C’est d’ailleurs pendant cette période qu’il a mis sur pied le programme innovateur de bourses de recherches postdoctorales du Conseil, programme qui a si largement contribué à la force vitale des laboratoires du CNRC.

En 1950, le Dr Steacie a été nommé vice-président aux Sciences du Conseil national de recherches et, deux ans plus tard, président du Conseil. Pendant la décennie qui a suivi, il s’est employé à donner foi à sa plus grande conviction, soit que l’une des principales priorités du Conseil national de recherches à cette époque devait être d’aider les universités à mettre sur pied leurs écoles d’études supérieures afin de créer au pays un climat favorable au progrès scientifique et technique, caractéristique distinctive des sociétés à la fine pointe de la technologie. Ses fonctions de président du Conseil national de recherches l’ont aussi amené à jouer un rôle de plus en plus important au sein de divers organismes scientifiques internationaux. Ainsi, en 1961, il a été élu président du Conseil international des unions scientifiques.

Au cours de sa carrière, le Dr Steacie a reçu de multiples distinctions honorifiques. Outre ses nombreux doctorats Honoris Causa, tant au Canada qu’à l’étranger, citons son élection à plusieurs sociétés savantes. Il a notamment été membre de la Société royale du Canada et de la Royal Society of London, associé étranger à la National Academy of Sciences of the United States, membre étranger de l’Académie des sciences de l’U.R.S.S. et membre honoraire de la Chemical Society de Londres, de la Société de chimie de

Pologne et de la Société chimique de Belgique. Il a aussi été président de la Société royale du Canada, de l’Institut de chimie du Canada et de la Faraday Society.

Le savant

En tant qu’homme de science, le Dr Steacie a travaillé étroitement avec plusieurs de ses contemporains célèbres, comme C.N. Hinshelwood, H. Eyring, M. Polanyi, W.A. Noyes et F. Paneth, dont les travaux tant théoriques qu’expérimentaux nous ont révélé la nature des réactions chimiques. En fait, c’est la reconnaissance du rôle important des intermédiaires, atomes ou radicaux libres, qui a servi de fil d’Ariane aux chercheurs pour l’identification et la synthèse de nouveaux composés par voie thermique ou photochimique. La théorie de ces processus, développée au milieu des années 30 par F.O. Rice et K.F. Herzfeld, a servi de base à l’étude de nombreuses réactions d’importance scientifique ou industrielle. Le Dr Steacie s’est d’abord employé à vérifier expérimentalement ces théories en élucidant le mécanisme des réactions dans leurs diverses étapes.

Après avoir étudié les réactions thermiques, le Dr Steacie s’est consacré plus particulièrement à l’étude des réactions photochimiques. On lui doit, entre autres, les premières recherches sur les réactions gazeuses photo-sensibilisées par les atomes de métaux : de mercure, de cadmium, ou de zinc. Par ses observations minutieuses sur la réactivité comparée des états électroniques excités (singulet et triplet), ainsi que sur le principe de conservation du spin, il a contribué grandement au développement de la photochimie moderne.

Comme complément à ses recherches, il a entrepris de collectionner de façon systématique et critique toutes les données alors existantes sur les réactions élémentaires. Il en a tiré la première édition de son livre Atomic and Free Radical Reactions paru en 1946. Une deuxième édition revue et augmentée de cet ouvrage, publiée en 1954, a influé largement sur l’évolution des recherches en cinétique chimique.

La Fondation E.W.R. Steacie

La Fondation E.W.R. Steacie est une fondation publique indépendante.

Chaque année, les administrateurs de la Fondation désignent les membres d’un comité de sélection composé de scientifiques et d’ingénieurs réputés. Ce jury a pour rôle de choisir le ou la récipiendaire du Prix Steacie. Les mises en nomination pour cette distinction sont reçues par le secrétaire de la Fondation, lequel soumet les candidatures proposées à l’examen de spécialistes de partout dans le monde. Leurs recommandations sont communiquées au comité de sélection pour l’aider à choisir le ou la récipiendaire du Prix Steacie.

 

 

« J’ai été agréablement surpris de gagner le prix E.W.R. Steacie pour ce que j’aime faire le plus... la recherche scientifique. Cela m’a donné la confiance (et le courage) à un jeune âge pour façonner la carrière que j’ai aujourd’hui, et cela m’a ouvert des portes sur mon parcours. »

M. Beveridge, PhD – Université de Guelph – 1984